Grèce: sur le Mont Olympe, les efforts comme les olives ne se partagent pas!

La situation économique et sociale de la Grèce, on la connait: taux de croissance en berne, chômage en hausse, dette abyssale; le cocktail est amère, voire acide. Le fruit de financiers cupides (Goldman Sachs) et d'irresponsables politiques qui, main dans la main, dansaient un tango pour le moins bancal sur le Mont Olympe. Proche du précipice, on pensait que l'urgence était à la réforme de fond, à la remise à plat du système économique et financier, bref, au courage. Il fallait travailler sur la lutte contre l’économie souterraine, sur les fraudes, sur la prééminence des budgets de la défense… bref, sur tous ces paramètres anormaux qui plombent, en premier lieu, l’économie grecque et sa capacité à engager une dynamique de progrès social. Mais non, à ce niveau on nous affirme que l'urgence c'est surtout de ne rien faire. Pour ne pas venir perturber les premiers signes d'un retour à la croissance qui, nous dit-on, pourrait revenir bientôt ...De qui se moque t-on?! Le choix s’est porté sur la promotion d’un plan de rigueur et d’austérité sociale. Sous couvert de l’urgence, le « remède » conçu par les dirigeants grecs et les responsables européens préconisent une réduction drastique des salaires et des retraites, une augmentation des impôts, la privatisation d’un large pan des entreprises publiques, la limitation des services de santé et des services publics… bref, toute la panoplie classique de l’ultra-libéralisme, alors que paradoxalement, c’est ce même ultra-libéralisme qui a causé la situation de crise mondiale qui affecte la Grèce. Qui plus est, une facture bien salée à l'adresse de tous ceux qui précisément ne sont pas responsables de cette crise et qui doivent en assumer seuls toutes les conséquences. Comme le précise à juste titre la Confédération européenne des syndicats (CES), plutôt que de viser des solutions court-termistes qui n’auront pour effet que d’asphyxier encore plus l’économie grecque, il fallait considérer le problème de la crise en Europe dans sa globalité, déclencher des mécanismes de solidarité inter-Etats membres, déployer des politiques communautaires nouvelles. En choisissant de laisser chaque pays gérer son problème dans son coin, l’Europe a laissé la Grèce s’empêtrer dans ses difficultés… Nous devons immédiatement tirer toutes les conclusions qui s’imposent, et parmi les plus urgentes, nous mobiliser pour que les logiques du plan de sauvetage de la Grèce soit profondément revues. Notre responsabilité est avant tout de protéger les individus, les plus faibles et les plus précaires, contre les incidences dramatiques issues des erreurs du Marché et de la sphère financière. Ensuite, nous devons nous battre pour qu’enfin, l’Europe devienne l’entité politique, économique et sociale qu’elle devrait être. Dans la rue hier, les Grecs demandaient un partage équilibré et équitable des efforts. Il ne peut, en effet, y avoir "Urgence" pour les uns et "Mansuétude" sur l'Olympe!